Dans les trois prochaines années, l’expérience par l’apprentissage deviendra plus importante que les diplômes

Pallier au manque de compétences et booster les services sont les premières priorités des industriels en 2017. Qu’en est-il de l’Internet-of-Things ? Aujourd’hui, 50% des coûts des projets IoT sont liés à l’intégration. En 2017, de nombreux industriels auront déjà acquis leurs solutions IoT – ils ont à présent besoin de mieux les intégrer pour les exploiter pleinement. Amor Bekrar, président d’IFS France, décrit dans trois billets, les trois tendances clés pour les industriels en 2017 et au-delà. Retrouvez ici le deuxième billet sur la reconnaissance de l’expérience par l’apprentissage.

Par Amor Bekrar
Le 01/06/2017

L’avenir de chaque industrie dépend des forces humaines qui la composent. Sur certains marchés, il est difficile de recruter des collaborateurs compétents. De nombreux industriels européens et américains sont confrontés à une pénurie de compétences. En 2017, cette problématique trouvera une réponse au travers d’une nouvelle ère de l’apprentissage reposant sur la formation interne entre corps de métier et sur un rapprochement des industriels et des établissements de formation pour attirer les jeunes talents.

Une étude du cabinet Deloitte montre qu’« au cours de la prochaine décennie, près de 3,5 millions d’emplois industriels aux Etats-Unis devront probablement être pourvus. A cause du déficit de compétences, 2 millions de ces emplois resteront vacants ». En Europe, le phénomène est le même. 82% des dirigeants interrogés par Deloitte estiment que ce déficit de compétences impactera la capacité des entreprises à répondre à la demande des clients. 78% pensent que cela aura aussi un impact sur leur capacité à accroître leur productivité et à mettre en œuvre de nouvelles technologies.

L’étude montre également que les carrières dans l’industrie souffrent d’une mauvaise image. Seulement 37% des répondants déclarent qu’ils encourageraient leurs enfants à s’orienter vers une filière industrielle. Alors, que faut-il faire ?

Les industriels doivent être plus proactifs dans la détection et la formation de jeunes talents. L’apprentissage et la formation en interne doivent prendre une place prépondérante. British Engines, par exemple, est un groupe d’ingénierie mondial qui produit des technologies pour différents secteurs. Pour l’une de ses dernières campagnes de recrutement, le groupe s’est détourné de LinkedIn et a recherché de jeunes talents au niveau local, par le biais d’annonces dans les transports publics et les journaux locaux. Cette campagne a eu un grand succès et reflète les conclusions d’un article du Wall Street Journal de 2016 : « … Les postes difficiles à pourvoir sont des postes de niveau moyen, tels que celui de technicien de maintenance, qui exigent une formation supérieure en apprentissage ou à l’université. » Pour les jeunes talents, l’apprentissage est synonyme d’acquisition de compétences solides et attrayantes pour leurs futurs employeurs. Pour ces derniers, c’est l’assurance de recruter les compétences dont ils ont besoin.

De nouveaux types de métiers verront le jour et seront fortement demandés par les industriels à court et moyen terme. Les usines seront, pour la plupart, équipées de milliers de capteurs IoT et d’une multitude d’équipements connectés ; ce qui permettra de recueillir, en continu, des masses de données. Les industriels devront donc recruter des experts capables d’analyser ces grands volumes de données et d’adapter, en fonction, les processus métier. Les jeunes apprentis qui auront développé des compétences techniques, analytiques et personnelles au cours de leurs missions en entreprise représentent une aubaine pour celles-ci. Dans certains pays, comme au Royaume-Uni, les salaires dans l’industrie sont supérieurs à la moyenne nationale. Les entreprises qui privilégieront les apprentis aux diplômés sans expérience auront plus de succès sur le long terme.

Le précédent billet traitait de l’IoT. Le prochain concernera le développement du modèle orienté services.

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