La formation professionnelle en Suisse : un modèle pour la France ?

En Suisse, la formation professionnelle est le mode d’enseignement le plus courant. Près de deux tiers des jeunes s’orientent vers cette voie qui favorise leur employabilité, alors qu’en France, on cherche depuis longtemps à revaloriser « la voie de garage ». La dernière Synthèse de La Fabrique analyse le système dual suisse, alliant savoirs théoriques et expérience pratique. Une source d’inspiration.

Par Elisa Ohnheiser
Le 10/05/2016

De nombreuses perspectives offertes aux jeunes

L’attractivité de la formation professionnelle suisse s’explique notamment par les perspectives d’évolution qu’elle offre. À la différence de la France, le système éducatif propose des passerelles systématiques entre les filières, qu’elles soient technologiques ou générales : « la formation professionnelle et la formation académique ne sont pas en concurrence mais se complètent de manière optimale », précise Martin Fisher, directeur de la communication du secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFERI). De même, 75 % des jeunes Suisses considèrent que l’apprentissage permet de garder toutes les options ouvertes en termes d’évolution de carrière. Le décalage avec la France est criant : les insuffisances actuelles de l’offre de formation tout au long de la vie poussent les élèves à acquérir dès leur formation initiale un maximum de compétences générales, qui faciliteront la poursuite de leurs études.

Une formation tournée vers les besoins des entreprises

Le système dual de formation professionnelle tient largement compte des besoins des employeurs. C’est au secteur privé de définir le contenu de la formation et les qualifications requises. Un véritable « marché des places d’apprentissage » permet aux entreprises de fixer le nombre de places, ouvertes en fonction de leurs besoins.

Concrètement, une plateforme de mise en relation a été créée afin que les élèves puissent démarcher directement les entreprises qui recherchent des apprentis. Une fois le contrat signé, les organismes de formation sont ensuite chargés de proposer les enseignements adaptés aux besoins des entreprises.

En France, s’inspirer du modèle suisse permettrait de mieux valoriser l’enseignement professionnel pour qu’il ne soit plus un second choix réservé aux élèves en difficulté. Cela passe notamment par la mise en place de passerelles avec l’enseignement général et le développement d’une collaboration plus étroite entre l’État et le secteur privé. Ce n’est qu’à ces conditions que nous pourrons revaloriser l’image de ces filières pour en faire une voie d’excellence, à même de répondre aux besoins des industriels.

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