Les emplois qui tirent la croissance française sont de moins en moins nombreux

Paris, le 22 janvier 2019 – Deux économistes de La Fabrique de l’industrie et de Mines ParisTech publient un tableau actualisé de l’emploi en France, transformé par des années de mondialisation économique. Ils montrent que la partie exposée de notre économie, de plus en plus réduite, est la première source de richesse et que les activités abritées, plus nombreuses, convertissent cette richesse en emplois.

Le progrès technologique et la mondialisation brouillent la frontière entre l’industrie et les services : il existe aujourd’hui de nombreux métiers tertiaires tout aussi compétitifs et mondialisés que les activités industrielles. Pour dresser un portrait de l’emploi en France, il est donc plus pertinent de distinguer les activités exposées à la concurrence internationale de celles qui ne le sont pas.

Philippe Frocrain (La Fabrique de l’industrie) et Pierre-Noël Giraud (Mines ParisTech) avaient publié en 2016 une note sur le sujet, intitulée « Dynamiques des emplois exposés et abrités en France » (Presse des Mines). Dans un article paru ce mois de janvier 2019, dans la revue Economie et Statistique de l’INSEE, les deux auteurs actualisent leurs résultats (1999-2015) et renforcent leurs conclusions.

L’emploi exposé, toujours minoritaire et en recul

Les emplois exposés à la concurrence internationale (ouvriers de la métallurgie, viticulteurs, employés de centres d’appel, ingénieurs en logiciel, guides touristiques, etc.) sont minoritaires en France, comme dans tous les pays développés. Leur nombre a diminué de 400 000 unités entre 1999 et 2015, ce qui les a fait passer de 27,5 % à 23,6 % du total des emplois. La grande majorité des emplois en France ne sont donc pas exposés directement à la concurrence internationale. Ce déséquilibre s’accentue progressivement, puisque le nombre des emplois abrités, lui, a augmenté de 2,8 millions entre 1999 et 2015. Pourtant, c’est bien le secteur exposé qui réalise l’essentiel des gains de productivité et qui tire la croissance, les salaires des actifs étant plus élevés à qualification comparable.

Des inégalités qui se diffusent aux territoires

Les territoires sont différemment exposés à la concurrence étrangère car les activités exposées ont tendance à se concentrer dans certaines zones. La tertiarisation de l’emploi exposé, changement structurel majeur entre 1999 et 2015 (un exposé sur deux est un emploi de services), a par exemple largement bénéficié aux principales métropoles françaises. À l’inverse, la désindustrialisation a fortement pénalisé le quart nord-est du pays.

De l’importance de conjuguer compétitivité internationale et soutien aux territoires

Si les emplois exposés sont de plus en plus minoritaires, ce sont néanmoins eux qui continuent de tirer la productivité vers le haut. Ils représentent également un levier de développement de l’emploi local : de 2008 à 2016, lorsque 100 emplois exposés ont été créés localement, environ 80 emplois abrités sont apparus au sein de la même zone. Malheureusement, cet effet de levier joue également en sens contraire, quand des emplois exposés disparaissent d’un territoire.

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