De nouvelles perspectives dans l’industrie pour les jeunes ouvriers

Les entreprises industrielles font face à des difficultés de recrutement qui obèrent leur compétitivité. Elles ont pourtant le sentiment d’offrir des opportunités de carrière attractives aux jeunes, et notamment aux jeunes ouvriers. La Fabrique de l’industrie a donc mobilisé le Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) pour éclairer ce paradoxe.

2 Commentaires Donnez votre avis
Par Caroline Mini
Le 25/06/2018

Les jeunes ouvriers, en France, ont des débuts de carrière relativement fragmentés : ils enchaînent plusieurs séquences d’emploi et de chômage pendant leurs premières années de vie active et passent souvent d’un secteur d’activité à l’autre, industriel ou non.

Parmi les jeunes ouvriers ayant travaillé au moins une fois dans l’industrie pendant leurs cinq premières années, un quart seulement y ont commencé leur carrière et y travaillent toujours au bout de cinq ans. Ces ouvriers les plus fidèlement attachés à l’industrie ont tout de même passé en moyenne 15 mois au chômage.

Pour autant, les métiers industriels offrent aux jeunes ouvriers davantage d’opportunités d’insertion que les métiers hors industrie. Les jeunes ouvriers de l’industrie passent plus de temps en emploi au cours de leurs cinq premières années de vie active, obtiennent une rémunération environ 10 % plus élevée que les ouvriers hors industrie et accèdent plus fréquemment à un poste qualifié.

Le fait de posséder un diplôme dans une spécialité industrielle favorise l’accès à un poste qualifié dans l’industrie et à une meilleure rémunération. L’apprentissage apporte également une plus-value : les jeunes ouvriers ex-apprentis accèdent plus facilement à un poste qualifié et stable en début de carrière.

Ajouter un commentaire

2 commentaires dans “De nouvelles perspectives dans l’industrie pour les jeunes ouvriers

  1. Etude très intéressante validée en tous points par une expérience de plus de vingt ans en recrutement de personnel de production dans l’industrie du Bois. L’évolution des conditions de travail et de rémunération est lisible pour les jeunes, le problème reste le nombre de candidats qui baisse encore alors que les besoins de renouvellement du personnel vont être croissants dans les 5 à 7 prochaines années. Les liens avec les organismes de formation, les lycées professionnels sont à renforcer encore pour que les usines se repeuplent. La considération de la production « en général » est aussi à repenser pour que les parents ne disent plus à leurs enfants de ne pas faire carrière dans l’industrie.

  2. Les industries offrent aux jeunes ouvriers de meilleurs emplois. Le rapport de Caroline Mini, met en avant, sur les cinq premières années de vie active, une rémunération plus élevée, moins de chômage notamment pour les diplômes d’une spécialité industrielle et pour les jeunes issus de l’apprentissage.
    Malgré cette situation favorable aux métiers industriels, les industries peinent à recruter. Les métiers sont sous tension on est même en situation de pénurie de main d’ouvre.
    Les métiers industriels ont un déficit d’image, et comme le précise Renault dans son commentaire, la chute du nombre de candidats est un problème d’autant plus pressant que les besoins en renouvellement vont augmenter.
    Cependant, je compte sur l’ingéniosité des industriels pour s’adapter et contourner ces difficultés croissantes. L’usine du futur avance. Automatiser, robotiser, mesurer : vers la machine qui se contrôle et se corriger presque sans intervention humaine. Dans le numéro de juin 2018 du magasine Équipe’ Prod, un fabricant Suisse annonce que le fruit de la collaboration avec un fabricant de machines est un équipement révolutionnaire. L’usine du futur est à portée de nous.
    La machine fonctionne cinquante heures sans surveillance et donc sans opérateur (sans ouvrier) Quel résultat ! Ici c’est la recherche de la diminution du coût de main d’oeuvre qui est évoqué.
    La situation de pénurie de main d’œuvre dans les filières industrielles trouvera t’elle une solution par la diminution des besoins en main-d’œuvre ? L’avenir nous le dira. En attendant, c’est bien la technologie qui vient au secours des services RH.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimerez aussi

icon Emploi et compétences
Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des travailleurs
Le design du travail en action. Transformation des usines et implication des travailleurs
Cette nouvelle étude documente des situations de « design du travail » dans des usines en transformation rapide. Elle observe comment la participation des travailleurs y est plus ou moins...
Voir ce poste
icon Emploi et compétences
Le travail à distance dessine-t-il le futur du travail ?
Le travail à distance dessine-t-il le futur du travail ?
Cet ouvrage entend poser la question du travail à distance au-delà de l’épisode pandémique, de ses effets et de ce qu’il nous enseigne.
Voir ce poste
icon Emploi et compétences
La productivité du télétravail repose-t-elle uniquement sur les salariés ?
La productivité du télétravail repose-t-elle uniquement sur les salariés ?
La productivité réelle du télétravail reposera à terme sur la capacité des entreprises à revoir en profondeur leurs processus organisationnels et communicationnels, afin de tirer parti du « à distance » comme...
Voir ce poste
icon Emploi et compétences
SMPF ou l’art d’être agile
SMPF ou l’art d’être agile
Compte rendu de la séance du 6 octobre 2020 du séminaire Aventures industrielles de l’École de Paris du management. Intervenant : Romain SERRA, dirigeant de SMPF.
Voir ce poste

Pour suivre nos actualités, abonnez-vous à la newsletter

Inscrivez-vous à la newsletter