Osez la voie pro !

Le mercredi 1er avril, La Fabrique de l’industrie a organisé une table-ronde autour de la voie professionnelle.

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Le 19/02/2015

3 avril 2015

« Osez la voie pro » : une conférence
organisée par La Fabrique de l’industrie en partenariat avec l’Ecole de l’image des Gobelins

 

 

 

Le mercredi 1er avril, La Fabrique de l’industrie a organisé une table-ronde autour de la voie professionnelle. L’objectif de cette soirée au format original était de trouver des leviers d’action pour développer l’engouement autour de ces filières. L’enjeu est de taille pour répondre aux besoins en recrutement des entreprises industrielles et soutenir leur compétitivité.

 

Sommaire

 

Programme de la conférence

 

Vidéos de la saynète et du dessin animé

 

Les solutions proposées

 

Formation professionnelle et compétitivité en chiffres

 

L’ouvrage “Osez la voie pro : 12 parcours de réussité pour s’en convaincre”

 

 

 

 

Programme de la conférence

 

 

  • Saynète réalisée par six apprentis de l’Aforp dans le cadre d’ApprentiScène

 

  • Table-ronde animée par Thibaut de Jaegher, directeur de la rédaction de l’Usine nouvelle. Avec la participaction de :
    • Jean-Pierre Collignon, Inspecteur général de l’Education nationale
    • Jean-Rémy Touze, DRH de Siemens France
    • Bruno Gardet, Directeur du CFI (Centre des Formations Industrielles), école de la CCI Paris Île-de-France
    • Nicolas Royer, Chef d’atelier, Airbus

 

  • Diffusion du dessin animé réalisé par d’anciens élèves de l’Ecole de l’image des Gobelins

 

 

 

 

Vidéos de la saynète et du dessin animé

 

 

 

 

 

 

 

 

Les solutions proposées

 

Comment développer l’engouement pour la voie professionnelle : les solutions proposées au cours de la table-ronde :

1. Faire des apprentis les « ambassadeurs de l’industrie », ayant pour mission de sensibiliser les jeunes au moment de leur orientation

Selon Jean-Pierre Collignon, inspecteur de l’Éducation nationale, les opérations visant à sensibiliser les jeunes aux métiers industriels et aux formations qui y conduisent « doivent être portées par d’autres jeunes actifs ». Lorsqu’un apprenti raconte sa formation à uncollégien, celui-ci s’identifie plus facilement ; les jeunes sont plus attentifs et plus en confiance quand ils dialoguent entre eux.

En outre, il relève qu’il n’est « pas efficace de monter des opérations de sensibilisation ‘one-shot’. Les initiatives doivent être portées sur le long terme : il s’agit de s’inscrire dans un continuum, de la 6e à la terminale, avec des forums, des visites, des portes ouvertes, etc. » Claude Sturni, député du Bas-Rhin, propose quant à lui d’informer davantage le grand public en amenant « l’industrie au cœur de la ville ».

2. Multiplier les actions qui montrent la réalité des métiers industriels de façon ludique et pédagogique

Etienne Piot, président du pôle de compétitivité Mont-Blanc Industries, a mis en place dans sa région un Salon des métiers industriels et de l’entreprise (SMILE), qui reconstitue une entreprise avec l’ensemble de ses métiers. Immergés dans cette entreprise virtuelle, les jeunes rencontrent des professionnels qui leurs font découvrir leurs métiers. Cette année, cette initiative a réuni plus de 2 500 collégiens. Et cela fonctionne : « les formations professionnelles, qui ne cessaient de se vider dans le secteur, sont à présents presque toutes complètes. »

3. Mettre fin à l’irréversibilité du choix d’orientation en proposant des passerelles entre les formations 

Les formations professionnelles sont vécues comme encore « trop cloisonnées », rendant très difficiles les réorientations et les évolutions vers d’autres diplômes. Pour Jean-Pierre Collignon, inspecteur de l’Éducation nationale, il faut simplifier le système, le rendre plus souple pour répondre aux attentes de cette nouvelle génération de jeunes « plus zappeurs ». Il faut développer un système permettant des passages entre les différentes formations mais également entre les différents niveaux de diplômes. « Ces passerelles permettraient d’éviter que les apprentis insatisfaits ne se désintéressent de leur formation et soient en échec comme cela arrive aujourd’hui. » Par ailleurs, M. Collignon propose de « consacrer les premiers mois de formation à des micro-stages, pour permettre aux jeunes de connaître plusieurs métiers de l’industrie, et de faire leur choix en conséquence. »

 

4. Créer des plateformes de mise en relation entre apprentis et entreprises à l’image de la plateforme « Engagement jeunes »

Il faut aider les entreprises à embaucher des apprentis car bien souvent, une fois la formation trouvée, les jeunes ont beaucoup de difficultés à trouver un contrat. Jean-Rémy Touze, DRH chez Siemens, a évoqué une initiative mise en place et financée par le groupe et d’autres grandes entreprises. Il s’agit de la plateforme « Engagement jeunes(1) » : à l’issue de leur alternance, si les jeunes ne peuvent demeurer dans l’entreprise faute de postes disponibles, l’écosystème formé par les fournisseurs, les partenaires et les PME locales peut se mettre en relation avec ces alternants afin de les embaucher.

(1) Pour en savoir plus (ici)

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Plusieurs participants soulignent que les problèmes demeurent depuis plusieurs années, en dépit des efforts menés pour revaloriser la voie professionnelle. Nicolas Royer, ancien apprenti du lycée Airbus devenu maintenant chef d’atelier pour le groupe, s’est « beaucoup retrouvé » dans la saynète jouée un peu plus tôt dans la soirée par des apprentis de l’Aforp. Elle l’a ramené « vingt ans en arrière », lorsqu’il a choisi la voie professionnelle. Peu de choses ont changé : « les préjugés sur les formations menant au secteur industriel, le regard des professeurs et de l’entourage en général, la dévalorisation des métiers industriels, etc. » Avec du recul pourtant, il ne choisirait pas une autre voie car l’apprentissage « forme le caractère et surtout l’homme » ; elle « donne un comportement et des valeurs » à celui qui s’y engage.

Louis Gallois, co-Président de la Fabrique de l’industrie, souligne de son côté que le développement de l’apprentissage est encore vécu comme un problème par l’Éducation nationale, ce qui représente un frein majeur. Elle est amenée à placer les élèves dans « ses » formations en lycées professionnels, introduisant ainsi une certaine forme de concurrence avec les centres de formation en apprentissage (CFA) ». Un participant dans la salle relève qu’une solution pourrait être de développer des « campus des métiers et des qualifications ». Ces derniers proposent, sur un même lieu, une « offre globale de formation » en regroupant des lycées professionnels, des CFA, des IUT, etc. autour d’une thématique industrielle.

Reste que, selon M. Gallois, « on ne se met pas assez à la place des apprentis : à 16 ans, sans réseau, sans ressources financières, et parfois sans aide, ils doivent trouver une entreprise, payer leurs frais de déplacement, de logement, etc. ». Viviane et Jordan, deux apprentis de l’Aforp de Mantes-la-Ville venus participer à la soirée, confirment que ces difficultés logistiques sont encore des freins importants au développement de l’apprentissage ; un point sur lequel il est nécessaire que les centres de formation leur facilitent la tâche, avec une réorganisation des temps de formation par exemple.

 

 

 

Formation professionnelle et compétitivité en chiffres

 

 

Alors même qu’elles favorisent les parcours de réussite, les formations professionnelles restent insuffisamment valorisées en France. C’est d’autant plus regrettable que les entreprises industrielles ont du mal à pourvoir certains postes tandis que des milliers de jeunes sans qualification peinent à trouver un emploi.

  • 150 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif sans qualification ni diplôme.
  • Selon les études de l’Observatoire paritaire des métiers de la métallurgie, les besoins de recrutement pour le secteur sont estimés à 100 000 personnes par an sur les cinq prochaines années. De nombreux métiers sont en tension. 75,3 % des projets de recrutement de chaudronniers, tôliers, traceurs sont jugés difficiles, plus de 65 % pour les soudeurs qualifiés, idem pour les moulistes, usineurs. (enquête 2014 BMO de Pôle emploi)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’ouvrage “Osez la voie pro : 12 parcours de réussite pour s’en convaincre”

 

 

La Fabrique de l’industrie, en partenariat avec l’Onisep, a réalisé un fascicule qui collecte les témoignages d’anciens élèves ayant, à partir de leur formation initiale, construit un parcours de réussite au sein d’entreprises industrielles. L’ouvrage, paru le 16 mars dernier, présente une diversité d’itinéraires, de secteurs d’activités, de tranches d’âge et de formations (CFA, lycées professionnels, campus des métiers, etc.).

Ces portraits, introduits par un délégué académique à la formation professionnelle initiale et continue, sont complétés par le regard de chef d’entreprises (Bouygues et Siemens) qui valorisent cette voie de formation et offrent à ceux qui l’ont choisie des carrières attractives.

 

 

 

L’objectif de ce fascicule est double :

 

1. Mieux faire connaître aux élèves des collèges, à leurs enseignants, à leurs conseillers d’orientation et à leurs parents les perspectives de la voie professionnelle. Le but étant de leur montrer que, loin d’être une voie de garage, la voie professionnelle ouvre des perspectives de carrière enrichissantes et évolutives.
L’amélioration de l’image de ces filières auprès des jeunes collégiens passe en effet par la valorisation des « parcours réussis » d’anciens élèves. Par exemple, avec son CAP-BEP en chaudronnerie, Bruno Wambergue, n’aurait peut-être pas cru qu’aujourd’hui, à 33 ans, il collaborerait au développement de prototypes de véhicules de course. Il prépare notamment les voitures du team Land Cruiser-Toyota. De même, parti d’un BEP électronique obtenu au lycée du technopôle de la plasturgie d’Oyonnax-Bellignat jusqu’à une licence professionnelle en alternance chez un fabricant de matières plastiques, Ramazan Kabatas, 32 ans, a su gravir les échelons et mettre à profit sa formation initiale pour devenir ingénieur-développement en Allemagne chez Bosch et Siemens Hausgeräte.

 

2.  Faire découvrir aux industriels l’extraordinaire potentiel de développement de ceux qu’ils forment et emploient, afin de participer toujours plus activement à cette dynamique de formation.
Cet ouvrage, construit sur un format volontairement accessible et ludique, comporte également une BD et un point sur les modes d’accès à ces filières de formation.

 

 

Contact presse : Louisa Toubal     louisa.toubal@la-fabrique.fr   Tel: + 33 (0) 1 56 81 04 20

 

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