Le rêve de la « start-up nation » en passe de se réaliser

Faire de la France une « start-up nation », c’est à la fois préparer notre souveraineté technologique future et véhiculer l’image d’un pays innovant. De récentes études montrent que cette transformation est en bonne voie et que l’industrie a un rôle majeur à y jouer.

Par La Fabrique
Le 05/10/2021

La Fabrique de l’industrie publie aujourd’hui deux nouveaux ouvrages dans sa collection des « Docs » : Industrie et start-up : des destins liés ? (Caroline Granier) et Rachat des start-up : des racines françaises, des ailes étrangères (Julien Piet et Marc Revol). Ceux-ci montrent notamment que les start-up irriguent désormais tous les secteurs d’activité, dont celui de l’industrie manufacturière, même si leur chemin de croissance est particulièrement ardu (comme vient de le confirmer l’IGF dans un récent rapport).

L’industrie, terreau fertile pour les jeunes pousses

On aurait tort de croire que la French Tech ne donne naissance qu’à des plateformes de service en B2C, comme la livraison de repas ou l’aide à domicile. Parmi les 12 938 start-up répertoriées en juin 2020 par la French Tech en phase d’amorçage, plus de 10 % ont un business model de type manufacturier, comme aux États-Unis. Cette proportion reste identique parmi les 3 147 start-up en phase de croissance plus avancée et même dans le Next40, le Saint des saints de la réussite entrepreneuriale (les 3 firmes ayant un business model de type manufacturier en 2021 sont Ynsect dans l’agroalimentaire, Bioserenity dans la santé et Exotec dans la logistique).

Un écosystème en maturation, quoique toujours fragile

Selon ces deux études, l’écosystème français fournit désormais un financement satisfaisant aux jeunes pousses sur les premières levées de fonds, le plus souvent sous la barre des 50 millions d’euros. Malheureusement, les investissements français se raréfient ensuite, en late stage, et les capitaux européens prennent le relais, représentant 80 % des levées supérieures à 250 millions d’euros. L’un des résultats centraux de ces études est que la France n’est pas en déficit de start-up puisque, en phase d’exit (rachat ou entrée en Bourse), elle en importe autant qu’elle en exporte. Toutefois, faute d’une offre capitalistique attractive, ce sont souvent ses plus belles pépites qui passent sous pavillon étranger : entre 2015 et 2021, seuls 36 % des rachats de start-up françaises provenaient d’acquéreurs nationaux. Il faut dire que la maturité incomparable de l’écosystème américain permet à ses acteurs financiers d’investir des montants en moyenne trois fois supérieurs à ceux proposés par les Européens.

Les rachats étrangers : un remède plutôt qu’un symptôme

Ces rachats étrangers des start-up françaises ont cependant plusieurs vertus. Avant toute chose, ils en assurent la survie, signant leur sortie de la « vallée de la mort » où succombent 60 à 90 % des entreprises lancées. Contrairement aux idées reçues, ces rachats s’accompagnent très rarement d’une délocalisation et entraînent au contraire, le plus souvent, une création d’emplois sur le sol français. Par exemple, Logmatic qui employait 10 personnes lors de son rachat en 2017 par Datadog compte aujourd’hui 400 employés à Paris. Un autre effet très important de ces rachats tient au recyclage qu’il permettent des capitaux et des talents dans l’économie française, les entrepreneurs ayant trouvé un acquéreur devenant très souvent des business angels à leur tour. C’est la raison pour laquelle il faut se garder de freiner ces rachats sous l’effet d’un « patriotisme économique » à trop courte vue : ils constituent au contraire le moyen le plus efficace pour faire grandir l’écosystème entrepreneurial français.

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