Où est créée la valeur en France ? Pas là ou l’on croit…

La Fabrique de l’industrie publie aujourd’hui sa Synthèse n°25, consacrée aux différentes sources de valeur le long des chaînes de conception-production-distribution. Contrairement à une idée répandue, c’est bien la fabrication des biens (et des services) qui dégage le plus de valeur, pour les entreprises comme pour les territoires. Les étapes de conception (en amont) et les services associés à la vente (en aval) créent beaucoup de valeur ajoutée par travailleur, mais ne sont globalement pas prépondérants. C’est pourquoi il est essentiel pour nos économies et nos entreprises de conserver la maîtrise de la fabrication.

La « courbe du sourire », une généralisation sans fondement scientifique

La smiling curve a été présentée au début des années 1990 par le fondateur d’Acer, Stan Shih, pour justifier l’orientation qu’il voulait donner à son entreprise et illustrer où se situaient, selon lui, les vrais gisements de valeur. Des études de cas portant sur d’autres produits électroniques ont ensuite contribué à populariser sa thèse, selon laquelle la valeur était surtout créée en amont et en aval de la chaîne (une illustration de la courbe est disponible dans la Synthèse). Puis, sans autre fondement scientifique, ces quelques études propres à un secteur bien précis ont été généralisées pour donner naissance à un mythe : celui que toutes les entreprises et les territoires se renforceraient en devenant fabless. En revenant sur cette « courbe du sourire », sur ce qu’elle dit et ne dit pas, La Fabrique rappelle dans cette Synthèse le poids déterminant qu’occupe en réalité l’étape de production dans la création de valeur, aussi bien en France que dans les autres pays développés.

La valeur totale générée en France est bien plus importante dans les étapes de production

Si l’on décompte la valeur totale créée par l’industrie sur le sol français, l’étape de production est totalement prépondérante, puisqu’elle en génère un tiers à elle seule. L’étape finale de distribution (25 %) est également importante. A contrario, les étapes du marketing et de la R&D, tout comme ceux du management et des TIC, qui correspondent approximativement aux métiers les plus recherchés aujourd’hui, n’en représentent qu’une part assez faible. Ce n’est qu’en mesurant la valeur créée par travailleur que ces étapes amont et aval creusent l’écart avec la production.

Un constat identique à l’étranger et dans les services

On pourrait estimer hâtivement que notre industrie française a pris du retard dans sa mue vers l’économie de la connaissance (ou de la fonctionnalité) et que le poids des étapes de production dans la création de valeur en est la preuve. Ce serait une erreur. Certes, un travailleur allemand dégage un peu plus de valeur que son homologue français lors des étapes de « conception et R&D » mais il n’empêche : chez tous nos voisins, tant que l’on parle de valeur totale et non de valeur unitaire par travailleur, les métiers de la production conservent partout un poids essentiel. D’où l’importance pour tous ces pays de les conserver sur leur sol.

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