Les start-up françaises aident-elles notre industrie à se renouveler ?

Ce working paper évalue la place des start-up dans la régénération de l’industrie française.

Par Caroline Granier
Le 01/10/2020

On entend parfois dire que la France est dépourvue de start-up à vocation industrielle ou autrement dit que la French Tech florissante ne constitue pas un atout décisif pour le secteur manufacturier français.

Statistiquement parlant, il est certes indubitable que ces jeunes entreprises relèvent essentiellement du secteur tertiaire. Toutefois, en conclure qu’elles n’apportent aucun avantage compétitif à notre base industrielle serait inexact, à commencer parce que l’absence de définition précise du terme « startup » interdit toute conclusion hâtive à ce sujet. En effet, il n’existe pas de définition statistique des start-up, ce qui explique que de multiples autres expressions, parfois plus codifiées, sont utilisées pour les désigner, telles que « entreprises à forte croissance » ou « licornes » par exemple.

Généralement, une start-up est définie par la perspective d’une forte croissance, un besoin de financement important, une activité innovante (ramenée le plus souvent à l’usage d’une technologie nouvelle), et le fait qu’elle soit jeune.

En raisonnant sur une base élargie, on observe des firmes à forte croissance dans de nombreux secteurs, y compris dans l’industrie. Deuxièmement, si l’on ressert la focale aux start-up « proprement dites », ces entreprises ne sont pas moins nombreuses à s’intéresser à l’industrie en France qu’aux États-Unis. Certes, le financement par le capital-investissement français est insuffisant pour favoriser la croissance des firmes au point de faire naître de nouveaux champions mais ce résultat vaut malheureusement pour tous les secteurs d’activité.

Ce document évalue la place des start-up dans la régénération de l’industrie française. Il montre notamment que la proportion de firmes du secteur manufacturier en forte croissance en France est similaire à celle de ses voisins européens et que le financement de ces entreprises est insuffisant, comme pour l’ensemble des secteurs d’activité en France.

 

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