L’industrie du futur : une compétition mondiale

Le gouvernement français a lancé un vaste programme en 2013 pour tirer parti de la quatrième révolution industrielle, comme la plupart des pays développés. Dans cette note, La Fabrique de l’industrie compare les politiques en faveur de « l’industrie du futur » mises en place à travers le monde. Ce benchmark est l’occasion de faire un état des lieux du programme français et d’insister sur les atouts de nos entreprises pour réussir cette transformation.

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Par Thibaut Bidet-Mayer
Le 12/09/2016

Le secteur industriel connaît actuellement des bouleversements profonds. L’introduction de nouvelles technologies de production et l’utilisation massive d’outils numériques de pointe au sein des usines changent la manière de produire et de travailler. La prolifération des objets connectés fait évoluer les modes de consommation et conduit les industriels à adapter leur offre de produits et de services. Les espoirs à l’égard de ce que certains appellent déjà la quatrième révolution industrielle sont immenses. Pour un pays comme la France, cette « industrie du futur » représente une opportunité pour enrayer le phénomène de délocalisation massive de ces dernières décennies.

Les pouvoirs publics prennent conscience de ces enjeux. La France s’est lancée dans la course à partir de 2013 mais elle n’est pas la seule. L’Allemagne a construit dès 2011 une stratégie nationale autour de cet enjeu majeur et de nombreux autres pays ne sont pas en reste (États-Unis, Chine, Corée du Sud, Royaume-Uni…).

Cet ouvrage vous propose une comparaison des programmes mis en place par ces différents pays. Elle explore également quelques-uns des atouts sur lesquels l’industrie française peut s’appuyer pour réussir sa transformation.

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2 commentaires dans “L’industrie du futur : une compétition mondiale

  1. Il est bien certain que l’introduction de nouvelles méthodes de production et de nouveaux outils change la manière de travailler dans les usines. Je voudrais cependant vous signaler une méthode de production qui existe depuis des décennies, mais que les usines françaises ignorent ou utilisent très mal. Il s’agit du contrôle statistique de la qualité. Introduit au Japon par Deming en 1950, le CSQ est pratiqué dans la plupart des usines asiatiques. Pour en savoir plus, je vous renvoie à un manuel de formation publié aux Etats-Unis en 1956 par une grande société de télécommunications. Vous le trouverez sur http://www.fr-deming.org//WECSQ.pdf (site de l’Association Française Edwards Deming, que j’ai fondée en 1989). L’inventeur du CSQ, Walter Shewhart, est à l’origine de cet ouvrage, que j’ai traduit en français (131 pages). La méthode est accompagnée d’un outil nommé « Control Chart » que certains nomment assez bêtement « carte de contrôle ». L’introduction de la véritable méthode dans les usines françaises de production en série, petites et grandes, ferait faire un bond considérable à la productivité. J’ajoute que l’outil est informatisé. Les applications se trouvent sur http://www.fr-deming.org/logiciels.html (j’en suis l’auteur, elles sont absolument libres et gratuites). Dernière remarque: avant de commencer à utiliser cette méthode, il faut que la direction de l’usine ait une très bonne connaissance du sujet.

  2. Je réagis au commentaire de Jean Marie Gogue sur cette étude très intéressante. Je me demande souvent quelles réflexions viendraient à l’esprit de Deming sur ces nouvelles perspectives offertes par l’industrie du futur, ou « l’industrie 4.0 », dont des caractéristiques sera la disponibilité d’une immense quantité de données venant du web, des objets connectés… Ce qui aurait certainement enthousiasmé Deming qui faisait déjà, il y a plus de 50 ans une priorité du traitement et de l’analyse statistique des signaux et des données disponibles dans l’entreprise. Je suis persuadé que les travaux menés par Deming et Shewart dans ce domaine restent d’actualité et devraient être connus par les ingénieurs de l’Industrie du futur. Une culture de la donnée doit être développée. Je me permets un lien vers un des articles de mon blog sur un des ouvrages de Deming, Hors de la crise, que M. Gogue connait bien je crois !
    Il faut aussi savoir que les travaux de Deming sont plus larges que le traitement des statistiques. Dans cet ouvrage, il livre également sa pensée sur la façon de diriger et manager une organisation, matière dans laquelle nous avons beaucoup de progrès à réaliser en France. Là aussi on peut s’inspirer de Deming.

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