Recherche publique et entreprises : une coopération à renforcer

Ce Cube explore des pistes pour accroître les interactions entre les secteurs public et privé, sans alourdir la dépense publique ni le portefeuille législatif. L’enjeu est de permettre à la France de tirer pleinement parti de la qualité de sa recherche publique tout en relevant les grands défis environnementaux et sociétaux.

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Par Emilie Binois
Le 30/06/2022

A la nécessité de gagner en autonomie stratégique et technologique, Emmanuel Macron a ajouté à son programme présidentiel deux objectifs forts : réduire « deux fois plus vite » nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 et faire de la France « la première grande nation à sortir du pétrole, du gaz et du charbon »1. La nomination d’une Première ministre directement chargée de la planification écologique confirme d’ailleurs cette ambition.

Une telle ambition, tant économique que technologique, dépend néanmoins de la capacité d’innovation de notre pays, et plus particulièrement de la qualité de la collaboration entre entreprises et recherche publique pour faire émerger des innovations de rupture. Or, c’est bien là que le bât blesse. En dépit des nombreux dispositifs visant à stimuler la recherche partenariale, les coopérations public-privé restent très limitées en France.

La Fabrique de l’industrie vient de publier un ouvrage2 explorant des pistes pour accroître les interactions entre les secteurs public et privé, sans alourdir la dépense publique ni le portefeuille législatif. Il avance une série de propositions opérationnelles visant à combler deux lacunes : le manque de connaissance mutuelle des acteurs et une mise en œuvre perfectible de la valorisation de la recherche.

 


1 – Discours de campagne présidentielle d’Emmanuel Macron du 17 mars 2022.
2 – « Recherche et innovation : comment rapprocher sphères publique et privée ? », de Claire Lucas et Pierre Marion.

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2 commentaires dans “Recherche publique et entreprises : une coopération à renforcer

  1. Ci-dessous quelques réflexions en tant qu’académique et expert au titre du CIR. Je souscris complétement à l’analyse faite et à l’amplification nécessaire des coopérations industrie – enseignement supérieur (je ne fais pas de distinction entre Université et grandes écoles, qui se côtoient régulièrement au sein des communautés en sciences de l’ingénieur). Chacun a à mieux comprendre l’autre et de ses champs d’activités respectifs. Le monde académique crée de la connaissance transférable (en particulier par les publications), ayant un certain caractère de généricité et répondant à des verrous scientifiques et technologiques, donc il contribue aux découvertes scientifiques et en partie aux inventions technologiques (par exemple les brevets). Le monde de l’entreprise a une vision à plus court terme, de réponse à un problème spécifique et de rentabilité rapide. Il confond souvent étude technique et innovation. L’innovation par son caractère de réponse à un marché est bien du domaine de l’entreprise mais doit présenter un caractère de nouveauté (saut technologiques) et pas seulement la mise en œuvre de connaissance connues. Le soutien de l’Etat au niveau des entreprises doit se voir en tant qu’aide à la prise de risque et pas uniquement à une opportunité en termes de crédit d’impôt. Au niveau académique les critères d’évaluation restent quantitatifs, les relations avec les entreprises demandent un certain temps pour comprendre l’apport de chacun, ses objectifs propres et assurer un degré de confiance. L’innovation est très rarement une démarche linéaire mais combine connaissances scientifiques, invention et innovation et ceci en associant différents domaines scientifiques ou technologiques. Est-ce que cette coopération ne peut pas déjà être amplifiée au niveau des ministères concernés (industrie, enseignement supérieur et recherche) ? Au niveau européen une grande partie des projets du pilier 2 affichent clairement ce lien : RIA (research and innovation action)

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