La recompositions des villes industrielles à l’ère digitale

Zurich et Manchester, deux villes historiquement industrielles, voient leurs quartiers centraux se reconvertir en logements et fonctions tertiaires, tandis qu’un tissu manufacturier subsiste en périphérie, notamment dans des secteurs à forte valeur ajoutée comme la pharmacie et les microprocesseurs. Les deux villes portent des projets de digitalisation : à Manchester, ils s’inscrivent dans une logique de régénération urbaine tandis qu’à Zurich, ils prolongent un modèle tourné vers l’innovation et l’exportation.

Manchester et Zurich partagent un puissant héritage industriel, mais ont suivi des trajectoires de recomposition très différentes autour du digitale.

Manchester a connu une désindustrialisation brutale au cours de la seconde moitié du XXe siècle, marquée par la disparition de nombreux emplois manufacturiers et un profond déclin urbain. Zurich a, au contraire, évolué plus progressivement, portée par le développement de la finance, des technologies et des activités de la connaissance.

Dans les deux métropoles, l’industrie n’a pourtant pas disparu. Elle s’est recomposée autour d’activités à plus forte valeur ajoutée, de plus en plus liées aux services, à la recherche et aux technologies digitales. À Manchester, cette évolution s’appuie sur une stratégie volontariste de régénération urbaine et de spécialisation sectorielle. À Zurich, elle repose davantage sur la recherche, l’innovation et la création de conditions favorables au développement des entreprises.

La digitalisation constitue désormais un levier important de cette recomposition. À Manchester, elle accompagne la stratégie de régénération et d’attractivité du territoire. À Zurich, elle s’intègre plus largement à la gestion de la ville et au développement des infrastructures et services urbains.

L’étude met également en lumière deux modèles de gouvernance distincts, mais un même enjeu : mieux articuler pouvoirs publics, acteurs économiques, universités et territoires pour accompagner ces mutations.Enfin, ces stratégies renforcent l’attractivité et la compétitivité des métropoles, tout en pouvant accentuer les écarts entre centres urbains, pôles d’innovation et territoires périphériques. À travers cette comparaison, Thomas Caillé, Lyna Chaib, Mathilde Tigréat et Louis Yodo montrent qu’il n’existe pas de modèle unique de recomposition industrielle à l’ère digitale.

Page de présentation de l'ouvrage. La recompositions des villes industrielles à l'ère digitale
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