Les PMI franciliennes plus productives qu’ailleurs

Dans sa nouvelle Note, La Fabrique de l’industrie montre sur données françaises que les petites et moyennes entreprises industrielles sont plus productives dans les territoires les plus denses.

C’est particulièrement vrai en Île-de-France, où les PMI affichent globalement une productivité plus élevée qu’ailleurs.

Première région économique du pays, l’Île-de-France se distingue par une productivité plus élevée que celle des autres régions françaises, et cela s’observe notamment dans l’industrie. La productivité de l’industrie manufacturière francilienne est en effet supérieure à celle des autres régions, qu’on la mesure via la productivité du travail ou la productivité globale des facteurs1. Point important, ce résultat se vérifie tout autant pour les petites et moyennes entreprises industrielles de la région, comme le montrent les données de l’Insee couvrant la période 2010-2021. C’est là une observation peu intuitive, puisqu’il est généralement admis que les PMI sont plus pénalisées que les grandes entreprises par les coûts élevés du foncier et des salaires ou encore par la congestion des transports, caractéristiques des grandes aires urbaines.

Dans la nouvelle Note de La Fabrique de l’industrie, Les PMI franciliennes plus productives qu’ailleurs : entre mythe et réalité, Diana Karachanski et Abdoulaye Kané éclairent les facteurs à l’origine de cette performance des PMI franciliennes.

Un surcroît de productivité lié à des facteurs territoriaux

Une première hypothèse voudrait que les PMI franciliennes soient davantage présentes dans des secteurs industriels naturellement plus productifs.

Or, l’étude montre au contraire que cet effet de spécialisation sectorielle est faible et qu’il ne constitue pas une explication déterminante. Ce sont donc avant tout les caractéristiques propres au territoire francilien qui expliquent ce supplément de productivité. La proximité des entreprises, des travailleurs, des clients, des fournisseurs, des infrastructures et des centres de recherche favorise notamment les échanges, l’accès aux compétences et la circulation des connaissances.

Entre les zones les plus denses et les moins denses, un gain de productivité de 3,2 %

L’étude met en outre en évidence des effets d’agglomération positifs pour les PMI franciliennes. Autrement dit, elles bénéficient de la concentration des entreprises et des activités dans un même espace, qui facilite l’accès à la main-d’œuvre, aux fournisseurs et aux infrastructures.

Les PMI situées dans les zones d’emploi les plus denses d’Île-de-France enregistrent en moyenne une productivité supérieure de 3,2 % à celle des PMI situées dans les zones d’emploi les moins denses de la même région. Cet effet ne concerne d’ailleurs pas uniquement l’Île-de-France : il s’observe également dans plusieurs autres régions étudiées, notamment l’Occitanie, le Grand Est, l’Auvergne-Rhône-Alpes et Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Des entreprises « augmentées » plutôt que « survivantes »

L’étude écarte en revanche une autre hypothèse : la productivité élevée des PMI franciliennes ne vient pas du fait que seules les entreprises les plus performantes seraient capables de supporter les coûts induits par leur implantation dans la région et donc d’y perdurer.

Les PMI franciliennes ne sont donc pas des entreprises « survivantes », sélectionnées par un environnement particulièrement contraignant. Toutes bénéficient des avantages associés à la concentration urbaine dans un même espace géographique, même si les entreprises initialement les plus productives en tirent un gain supérieur.

Ces résultats invitent à dépasser l’opposition entre activités métropolitaines et territoires industriels. Ils rappellent aussi que les bénéfices économiques de la densité ne sont pas automatiques. Ils reposent sur la disponibilité du foncier, l’accessibilité des sites, la présence de compétences et la capacité des acteurs économiques, scientifiques et publics à créer entre eux des liens durables.

 

[1] La productivité globale des facteurs définit la part de l’accroissement de la production qui n’est pas expliquée par les variations des facteurs de production (capital et travail).

 

 

 

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