Manuel – intellectuel, voie pro – voie générale : la crise du travail rime avec crise lexicale

Malgré un fort taux de chômage, de nombreuses usines françaises rencontrent des difficultés à embaucher ; l’industrie souffre d’un fort déficit d’image en France. Comment en sommes-nous arrivés là alors que, chez nos voisins, les emplois de production semblent plus prisés ? Afin de répondre à cette question, La Fabrique de l’industrie et la chaire FIT2 de Mines ParisTech publient une note conjointe, proposant une analyse des représentations du travail et de la production.

Malgré un fort taux de chômage, de nombreuses usines françaises rencontrent des difficultés à embaucher ; l’industrie souffre d’un fort déficit d’image en France. Comment en sommes-nous arrivés là alors que, chez nos voisins, les emplois de production semblent plus prisés ? Afin de répondre à cette question, La Fabrique de l’industrie et la chaire FIT2 de Mines ParisTech publient une note conjointe, proposant une analyse des représentations du travail et de la production.

L’industrie peine à recruter en France dans un contexte de chômage de masse

La France compte trois millions de chômeurs et, dans le même temps, 120 000 postes non pourvus dans l’industrie en raison d’une pénurie de candidats qualifiés. Les métiers dits « manuels » ont toujours mauvaise presse. « Ouvrier, moi ? Jamais ! » : tel semble être le cri du cœur de nombreux jeunes, qui rechignent à se diriger vers la voie professionnelle. Ils préfèrent la voie dite « générale », même si beaucoup en ressortiront sans métier voire sans diplôme, rejoignant le nouveau prolétariat des services. Laurence Decréau, enseignante de lettres classiques, souligne ce paradoxe : les jeunes ont des difficultés à trouver un emploi tandis que les industriels peinent à pourvoir leurs postes. Dans cet ouvrage, l’auteure revient sur les origines des représentations péjoratives du travail de production. Il est important de connaître cette histoire si l’on veut réconcilier les Français avec l’industrie.

Une crise lexicale

En effet, la crise du travail et de l’éducation correspond aussi à une crise lexicale : « manuel » vs « intellectuel », « technique » vs « culture », « voie professionnelle » vs « voie générale », « col bleu » vs « col blanc », etc. Ces termes masquent des processus d’exclusion, dont les racines culturelles sont parfois pluriséculaires – et pas toutes spécifiques à la France. Aujourd’hui, des mots comme « manuel » ou encore « orientation » servent à écarter certains élèves de la voie pourtant admise comme « générale », tandis que le mot « culture » s’oppose de façon invraisemblable à la « technique » et que l’École entretient volontiers une vision passéiste de l’industrie. Ces représentations sont en décalage avec la réalité.

Un regard neuf sur l’industrie avec l’Usine extraordinaire

Aujourd’hui, nous parlons d’hyper-industrie avec des machines sophistiquées et des robots pilotés par des logiciels complexes, qui sont eux-mêmes surveillés par des hommes. L’industrie du futur a besoin de techniciens qualifiés et appelle à développer un regard neuf sur les métiers industriels. Pour « faire aimer l’usine », l’Usine Extraordinaire se tiendra au Grand Palais en novembre 2018. Cet événement s’adresse au grand public et entend contribuer à rehausser l’image de l’usine auprès des jeunes.

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