Si 8 % des entreprises industrielles pensent relocaliser dans les trois ans, 60 % envisagent créer des emplois en France

La Fabrique révèle aujourd’hui les résultats d’un sondage exclusif réalisé en partenariat avec l’Ifop auprès de dirigeant·e·s d’entreprises sur leurs perceptions et intentions au sujet des relocalisations. Celles-ci font l’objet de mesures parmi les plus commentées du plan de relance gouvernemental. Or, dans un récent document de travail, La Fabrique de l’industrie s’interrogeait déjà sur le poids réel des délocalisations et, en miroir, sur la capacité des relocalisations à atteindre l’objectif plus vaste – et plus important – de la réindustrialisation. Ce sondage (résultats complets disponibles en bas de page) le confirme et apporte de nouveaux repères importants.

L’enquête a été menée auprès d’un échantillon représentatif de 500 dirigeant·e·s d’entreprises industrielles françaises, du 21 au 30 septembre 2020*. Elle les interroge sur leur recours à la sous-traitance étrangère et sur leurs pratiques en matière de délocalisation. Elle dévoile également leurs projections pour les années à venir, concernant les relocalisations et les créations d’emplois.

L’arbitrage entre délocalisation et relocalisation concerne une minorité d’entreprises industrielles

Le premier enseignement de ce sondage est que seules 2 entreprises sur 10 ont recours à la sous-traitance étrangère ou à des délocalisations. La grande majorité des entreprises mène donc ses activités et ses approvisionnements sur le sol français. Sans surprise, les délocalisations et la sous-traitance étrangère sont plus répandues parmi les plus grandes entités (34 % des entreprises de plus de 50 salariés), et moins les plus petites (seulement 14 % des TPE).

Par ailleurs, parmi les entreprises concernées, un quart seulement a accentué son recours à la sous-traitance étrangère ou aux délocalisations dans les dix dernières années. Un autre quart l’a réduit et la moitié restante l’a maintenu stable

La délocalisation et la sous-traitance étrangère ne sont pas uniquement motivées par des questions de coûts

La réduction des coûts directs ou indirects (travail, fiscalité, réglementation…) est évidemment une des motivations du recours aux délocalisations ou à la sous-traitance étrangère mais elle n’est pas la seule, ni même peut-être la principale, contrairement à il y a vingt ans. En effet, près de la moitié (47 %) des entreprises y ayant recours invoquent une motivation hors coût et notamment, pour un tiers d’entre elles, la possibilité d’accéder à une expertise spécifique, à des capacités de R&D ou à un savoir-faire. Pour les 53 % restants, la réduction des coûts se mêle au rapprochement des marchés étrangers.

Avec ou sans relocalisations, les entreprises projettent de créer des emplois en France

Parmi l’ensemble des entreprises industrielles interrogées (incluant celles qui n’ont pas aujourd’hui recours à la délocalisation ni à la sous-traitance étrangère), 60 % envisagent dans les trois prochaines années de créer des emplois uniquement en France. Ce taux atteint 66 % lorsqu’on pose la question aux entreprises d’au moins 50 salariés et 79 % si l’on parle de créations d’emplois en France ou à l’étranger. Cet engouement est un peu moins marqué pour les TPE mais elles sont tout de même majoritaires (54 %) à envisager des créations d’emplois en France d’ici trois ans.

Par comparaison, 40 % des entreprises interrogées ayant recours aux délocalisations ou à la sous-traitance étrangère ont l’intention de relocaliser des activités dans les trois années à venir. C’est certes une bonne nouvelle, mais cela ne concerne donc que 8 % du total des entreprises. Signe supplémentaire que des créations d’emplois industriels se profilent et que réindustrialisation ne rime pas nécessairement avec relocalisation.

*Sondage Ifop pour La Fabrique de l’industrie, réalisé par téléphone, auprès d’un échantillon de 501 dirigeants d’entreprises du secteur industriel, représentatif des entreprises françaises d’au moins un salarié dans ce secteur (méthode des quotas), du 21 au 30 septembre 2020. 

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Pour aller plus loin
Retrouvez le document de travail de La Fabrique "De la souveraineté industrielle aux relocalisations : de quoi parle-t-on ?"
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