Retour du protectionnisme : quels effets ?

Tous les pays ne sont pas égaux face à la menace protectionniste. La France a la chance d’être bien insérée dans un marché européen qui l’en protège en partie. Au-delà des frontières de l’Union, l’examen de l’insertion de nos entreprises industrielles dans les chaînes de valeur mondiales révèle que, pour l’instant du moins, les risques viennent bien davantage de l’est que de l’ouest.

Les effets du retour du protectionnisme

Afin d’apprécier l’exposition de l’industrie française au risque protectionniste, nous exploitons la toute dernière édition de la base de données TiVA de l’OCDE. Cette dernière comptabilise les échanges internationaux en valeur ajoutée.
Hormis la diminution récente des prix des matières premières énergétiques, les chaînes de valeur mondiales ne montrent pas de signe de ralentissement entre 2005 et 2015. Par conséquent, il n’y a pas lieu de parler de ralentissement de la mondialisation, que ce soit sous l’effet du protectionnisme ou pour d’autres raisons.

La France continue de bénéficier de l’ouverture et de la stabilité du marché européen et les termes de ses échanges avec les États-Unis n’ont pas beaucoup changé non plus.
En revanche, la Chine occupe un statut à part dans la mesure où elle se recentre rapidement sur son marché intérieur tout en gagnant en capacité à répondre à la demande étrangère. Ainsi, ce n’est pas qu’elle se désengage des chaînes de valeur mondiales ou au contraire qu’elle s’y installe, c’est plus simplement qu’elle s’affirme comme puissance industrielle de tout premier plan. Mais une puissance non coopérative, faut-il ajouter : l’importance croissante de la valeur ajoutée chinoise dans la demande manufacturière occidentale n’a d’égale que notre propre incapacité à pénétrer le marché chinois.

Enfin, si le sujet du protectionnisme s’invite souvent dans l’actualité à la faveur des déclarations de la présidence américaine, c’est bien à l’égard de la Chine que la question de la réciprocité mérite d’être posée.

Au sommaire de cette synthèse :

  • Le relâchement apparent des chaines de valeur mondiales,
  • La Chine réussit un double exploit : fournir toujours plus de valeur ajoutée aux marchés étrangers tout en gagnant en autosuffisance,
  • Les produits métalliques particulièrement exposés aux barrières douanières.

 

 

Retour en images avec Anne-Sophie Alsif pour tenter de comprendre les forces et faiblesses de la stratégie européenne face à la concurrence internationale.
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